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L'héritage d'un Prince

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Amonkira

元祖 ♦ Hunters Lord
Nibi Jinchuuriki - GHOST
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MessageSujet: L'héritage d'un Prince Dim 11 Mar - 14:46

だんて
L’héritage

« Le meilleur des héritages est toujours l’instruction. » - Justin Lefebvre.

Une chaude matinée d’été pour Shoubai démarrait. L’aube pointait à peine à l’horizon que la ville changeait de costume. Elle ôtait ses dessous grivois et les lames de couteau dissimulées dans les manches pour se parer de bourses pleines de ryôs, d’étals de fruits et légumes rares et d’armures bushi. C’était un fait remarquable qu’il était impressionnant d’observer. Autant que le lever du soleil derrière les immenses remparts de pierre de la cité commerciale. Ils étaient peu nombreux les édifices qui permettaient de voir plus haut que les remparts. Ils se comptaient sur les doigts de la main. Il y en avait deux qui attiraient l’attention plus que d’autres. Le premier bâtiment était un gigantesque temple destiné à plusieurs divinités, afin de favoriser l’acceptation culturelle et religieuse dans la ville. Il y avait d’autres dispositions. Une légende urbaine bien connue parlait des appartements du grand maitre de Shoubai. Le second était une grande tour en plein cœur de la ville qui servait de quartier général aux forces de l’ordre de la cité, les samurais. Un décret interdisait à quiconque de grimper ces deux bâtiments pour d’évidentes mesures de sécurité.
Ce qui n’empêchait pas certaines personnes de se rendre sur le paratonnerre de ce QG tous les matins. Ce matin ne faisait pas exception. Il se tenait dessus, en équilibre, observant fièrement le lever du soleil derrière les hauts murs de la ville. Le regard dans le vague, il contemplait la beauté de la vie, flamboyante, merveilleuse. Depuis plus de vingt ans, il n’en ratait pas un. Même lorsqu’il était en voyage d’affaire, il se trouvait le temps pour admirer le cycle solaire s’opérer dans un bal de couleurs ayant pour scène le firmament. Quelques étoiles étaient encore observables, mais très faiblement. Elles allaient s’endormir. Les minutes défilaient sans que le shinobi au sommet de la tour ne les compte. Il ressassait des souvenirs, les meilleurs de son existence, des fragments de mémoire qu’il chérissait sans vouloir en donner l’impression. Il s’était donné une place de leader et ne pouvait s’en détourner. Il se devait de ne montrer aucune faiblesse, tant à ses alliés qu’à ses ennemis. Il s’agissait là d’un moyen de se protéger, de protéger ceux qu’il aimait.

Un cri le tira de ses pensées intimes. On le héla depuis une fenêtre quelques étages plus bas. « Encore toi ?! J’t’avais déjà dit de plus venir ici ! lui hurla-t-on avec colère. En effet, le ninja avait été plusieurs fois surpris sur le toit de cette tour, causant l’énervement des forces de l’ordre. Le samurai grimpa sur la corniche et tenta d’escalader la tour. Ce qui provoqua l’hilarité de l’éclair rouge. Il l’attendit sur son perchoir, d’un air amusé. Le pauvre fidèle du Hagakure peina à grimper, et lorsqu’il se cru à portée, Dante se dressa, étendit les bras et se laissa tomber en arrière, empêchant le bushi de lui saisir la cheville.
L’air sifflait aux oreilles du Jinchuuriki, tandis que les battements de son long manteau rouge fouettaient l’air dans la chute, inexorablement attiré au sol, condamné à s’écraser en une flaque de sang et un tas de chair épars parmi les étals des quelques rares marchands qui avaient l’autorisation de vendre leurs produits devant l’édifice. Le samurai jura entre ses dents avant de crier l’alerte. Le prince de Harai se laissait bercer par cet incroyablement sentiment. Malgré le fait qu’il chutait, il se sentait léger, libre, un sentiment rare dans cette ville. Le rituel matinal avait débuté par l’admiration des aurores. Il allait suivre par un entrainement des plus intenses. Ce n’était pas par hasard que Dante s’attirait les foudres des samurais. En procédant ainsi, il pouvait s’amuser tout en visitant la ville lors de sa fuite, et accroitre ses capacités physiques. Le tout, sans utiliser de chakra. Il sortit son sabre de sa ceinture et lorsqu’il fût à portée, il s’en servit pour glisser sur un câble d’alimentation qui reliait la tour à plusieurs bornes électriques. Le câble se décrocha après quelques secondes de glissade, faisant gicler quelques étincelles. Dante tomba au sol et exécuta une roulade pour amortir le choc et se rétablir plus facilement. Derrière lui, une véritable horde de représentants de la loi jaillit des doubles portes de la tour.
« Arrête-toi, enfoiré ! Cette fois-ci, tu ne t’échapperas pas, lui hurla un sergent. Mais le shinobi n’eut pour réponse qu’un sourire narquois avant de prendre ses jambes à son cou.
*Je vais finir par craindre pour ta vie à force de t’attirer leurs foudres.*
Dante prit la fuite d’abord entre les étals, zigzaguant entre les poteries, caisses de légumes, sautant par-dessus la cuisinière grasse d’un marchand de ramen ambulant et se faufilant entre les badauds et clients naïfs. Les samurais le poursuivirent sans ménagement, traversant tels des béliers les étals et les civils, prenant parfois la peine de se frayer un chemin à coups de sabre. L’éclair rouge bifurqua à la première à droite, sur une large avenue encore en plein assemblement. Il bondit au dessus de grandes caisses en bois, saisit quelques marchands par les épaules pour les projeter en arrière et espérer que les samurais s’y heurtent. Il se servit entre autre de son sabre pour briser des étals de fruits ou de rouleaux de parchemin emplis de savoir ou de plans touristiques. Finalement, très peu de bushi s’écroulèrent en roulant sur les fruits ou se heurtèrent sur les marchands. Ils se relevèrent aussitôt pour se remettre à la poursuite de l’éclair rouge.
Il bifurqua à gauche et s’engagea dans une rue essentiellement garnie de restaurants et magasins d’alimentation générale. Il ne cessa de courir à main armée, effrayant ou surprenant au passage un ou deux commerçants. Une odeur provenant d’une échoppe attira particulièrement toute l’attention de l’éclair rouge. Malédiction ! De l’herbe aux chats. Qu’il était difficile de vivre en tant que réceptacle d’un chaton vicieux et joueur. Il était impossible de vivre sans quelques comportements marginaux ou félins. Comme le besoin irrépressible de boire du lait, l’incapacité à résister à l’herbe aux chats, le coté joueur, l’envie constante de volaille et de fruits de mer, et encore d’autres. Incapable de continuer sa course sans cette herbe, il pénétra dans l’herboristerie, en grande pompe, traversa un premier rayon d’articles avant de se ruer sur les Matatabi. Dante prit une poignée de ces lianes tressées et luisantes de nectar et s’enfuit par la sortie de secours. Derrière, l’herboriste s’offusquait, s’insurgeait du vol et criait à la garde. Il s’étonna de les voir rappliquer par paquets de dix dans son magasin. Tous suivirent le voleur vermillon dans la ruelle insalubre, limitée par quelques palissades de bois moisi sentant l’urine de chat ou même humaine par endroits. Cette ruelle linéaire débouchait sur une grille partiellement rouillée, au travers de laquelle on pouvait voir un prolongement de la ruelle, habitée par un sans abri, suivie d’une autre rue commerciale à la perpendiculaire. Il couru dans la ruelle, saisit le sommet de la grille pour bondir par-dessus et continua sa course. Derrière, les samurais ne firent pas de manières et découpèrent le grillage d’un simple coup de sabre et continuèrent la poursuite du délinquant multirécidiviste. Le clochard regarda sa bouteille, perplexe, et bu un coup. L’éclair rouge bifurqua à gauche. Il y avait beaucoup de civils dans cette rue. Peut-être une promotion matinale sur les oranges ou quelque chose comme ça avait dû les tirer de leur lit de si bon matin. N’ayant nul besoin de mêler des civils à ses caprices, Dante couru vers le premier bâtiment qui lui semblait être un défi d’alpiniste, et bondit sur le rebord de la vitrine, y prit appui et se hissa à l’appui de fenêtre supérieur. Il prit appui sur le mur avec ses jambes et sauta une dernière fois pour atteindre le toit. Il tira sur ses bras. Mais un adversaire imprévu avait remarqué la longue file de maitres du katana et lui asséna un coup en plein nez pour le faire redescendre. Personne à part les samurais et parfois quelques yakuza n’avait le droit de se déplacer sur les toits de Shoubai. Il y avait évidemment des dissensions. Le mercenariat était une pratique courante dans la ville, et il était plus aisé d’assassiner quelqu’un en le repérant depuis les hauteurs. Le bushido ne permettait pas réellement qu’il y ait un important personnel dans les rangs des gardiens de la paix. Le Prince de Harai chuta, le nez légèrement rouge et s’écrasa au sol, encerclé par une trentaine d’agents des forces de l’ordre de la cité du commerce. À peine s’eut-il relevé qu’une vingtaine de nouveaux chiens de garde s’ajoutèrent à la meute.

- Yare yare… je ne voudrais pas vous déshonorer, mais si vous insistez…nyah, se moqua l’éclair rouge en prenant une posture de combat.
Les forces de l’ordre, tous sabres sortis, se jetèrent sur le délinquant écarlate un à un. Dante sauta par-dessus un premier et le poussa contre la vitrine d’un coup de pied entre les omoplates, ainsi se propulsant vers le second dans un fabuleux saut périlleux arrière. Il dégaina son sabre la tête en bas et contra le premier coup de taille en diagonale qu’on lui opposa. Il frappa le visage, pieds joints, du garde derrière le second adversaire et l’éjecta dans la mêlée. Aidé par ce coup, le shinobi plongea devant lui et se faufila habilement entre les jambes du samurai qui avait tenté de le découper, et quand il lui fût permis, il déploya les jambes pour le mettre à terre en lui déboitant les genoux. L’épéiste s’étala douloureusement vers l’avant en hurlant. C’était une blessure très douloureuse qu’il venait de subir. Quatre nouveaux samurais s’avancèrent.
Un premier frappa avec son sabre, à la verticale. Dante fit un pas de côté, et asséna un coup de genou au ventre. Ni une, ni deux, le samurai tourna son sabre vers l’arrière, et tenta de le planter dans la gorge du Prince de Harai, faisant une tête en plus que lui. Il se pencha en avant, pour frapper ensuite mais un autre samurai n’attendit pas et tenta de lui séparer la tête de son corps. Dante fléchi les jambes, saisit le pantalon du premier gars et tira sa jambe par-dessus sa tête pour la donner en pâture au sabre du trancheur de têtes amateur. Le sabre se planta dans le fémur, os le plus solide du corps humain, arrachant un cri de douleur à la malheureuse victime. Il para ensuite le sabre d’un troisième homme avec son sabre en main gauche et balaya celui qui avait le sabre bloqué dans la jambe de son camarade. Il continua son mouvement circulaire, passa à temps sous le malheureux éclopé et releva vivement sa jambe pour frapper le menton du troisième homme d’un puissant coup de talon. Il ne s’arrêta pas, Il glissa d’un pas chassé vers l’avant et tenta de découper un nouvel adversaire. Mais celui-là semblait plus doué. Dans un mouvement défensif, il entailla l’épaule gauche de l’éclair rouge. Celui-ci eu un mouvement de recul, laissant la liberté aux samurais d’enchainer plusieurs attaques. Quelques civils et ninjas s’attroupèrent derrière l’épais demi-cercle de sabreurs, curieux de l’affrontement/spectacle qui se jouait en rue. La plupart des autres badauds avaient déjà fui loin.

Les attaques au sabre se succédèrent et Dante n’avait d’autre choix que de les esquiver. Il n’était pas assez habile pour toutes les éviter, et plusieurs le tailladèrent aux bras, à la poitrine et dans le dos. Shinobi d’excellence et d’expérience oblige, la plupart de ces entailles ne l’handicapèrent pas, pas même au niveau de la douleur. Il avait cependant beaucoup de mal à s’occuper d’une quarantaine de samurais parfaitement entrainés. Surtout avec le défi de n’utiliser aucune goutte de chakra. La solution était dans sa poche, calfeutrée dans une enveloppe de papier gras. Alors que tous se ruèrent pour l’achever, il leva les mains et les arrêta.
- On se calme, messieurs ! Samurais que vous êtes, vous accepteriez bien que je vous montre le meilleur du guerrier qui sommeille en moi. Deux de vos frères vont déjà se faire seppuku pour ne pas être morts au combat mais grièvement blessés. Alors…  Il prit l’herbe aux chats qu’il avait dérobé un peu plus tôt et la mit en bouche pour la mâcher consciencieusement. En quelques secondes, ses pupilles se dilatèrent, son système endocrinien s’emballa, son cœur palpita, ses poumons se gonflèrent d’un seul coup. L’ivresse du combat lui monta au cerveau, ses muscles se gonflèrent. On cru même apercevoir de la bave mousser entre ses fines lèvres.
- LET’S ROCK, cria-t-il avant de se ruer sur ses adversaires, sabre en main. Il frappa un premier à la tempe d’un coup de pied retourné avant de glisser vers un second, à l’opposé et bondir sur ses épaules, qu’il projeta en arrière en se laissant tomber dans son dos. Un sabre s’approcha et il le contra d’un revers. Dante frappa ce même homme à l’estomac avec le pommeau de son katana, et retourna vers un nouvel adversaire. Il retourna son long imperméable rouge pour obscurcir sa vue et lui asséna un double coup de pied sauté retourné au visage. Il arrêta un coup de taille vertical et brisa le coude de l’assaillant avant de l’éjecter d’un puissant coup de poing au diaphragme. Il changea de cible en un saut et para l’attaque pour trancher le mollet du belligérant. Il roula au sol et entama un complexe geste issu d’une danse de la rue en tranchant un maximum de chevilles. Il se releva dune façon indescriptible et saisit le casque d’un samurai entre ses jambes, se laissa tomber sur le côté, et lui provoqua un grave traumatisme vertébral. Il en restait beaucoup trop, et un des gardes sauta en l’air et on pu apercevoir du chakra jaillir de son katana pour prendre la forme de larges arcs bleutés et descendre à toute vitesse sur le mercenaire. Il regarda le phénomène et amena un samurai devant lui avec son sabre pour qu’il encaisse la technique. Il se fit découper en deux, éclata presque en éruption sanguine avant que l’attaque ne heurte le sol et provoque un soulèvement de poussière et de gravas. Une ouverture pour la fuite. Dante fit comme dans l’infanterie et se tira ailleurs.

Il prit ses jambes à son cou, d’une manière plus que féline. À quatre pattes, en vérité. Les quelques ninjas qui étaient restés s’écartèrent en le regardant avec de grands yeux ronds. Quelques samurais repérèrent sa fuite et se mirent à sa poursuite. L’éclair rouge traversa l’avenue en cavalant comme un félin avant de tourner dans une nouvelle ruelle. Il avait assez d’avance et le mur n’était pas trop lisse et raide pour qu’il puisse se permettre d’y grimper. Il s’accrocha à une gouttière, usa de ses jambes pour bondir, et escalada le mur en brique, noircies par des années d’insalubrité et d’humidité constante. Il se coucha sur le toit pour disparaitre pendant quelques secondes aux yeux de ses poursuivants.
L’imbécile, qu’il se pensait présentement, n’avait pas supposé qu’il y avait autant de samurai ce suiyoubi (mercredi). S’il avait été plus prudent ou écouté les conseils de ses camarades, il aurait au moins prit une sacoche d’outils ninjas. Il aurait ainsi pu mettre fin à cette course poursuite avec des gaz ou un explosif. La seule façon qu’il avait de pouvoir s’en servir était de trahir son entraînement et d’utiliser du chakra. Ils étaient proches, une demi-dizaine de samurais était en bas du mur, à chercher après la cible à éliminer. Il fallait une solution et rapidement.
Il y eut un miaulement, léger, doux, presque réconfortant. Le jinchuuriki tourna la tête et vit un chat, plutôt jeune, au pelage entièrement blanc et aux yeux d’un bleu magnifique. Ni une, ni deux, Dante considéra ce matou comme la providence et s’en empara, lui arrachant un râle gras. Il se débarrassa de son manteau et le disposa sur une cheminée froide. Il posa ensuite le chat de façon à ce que les poils blancs soient bien en vue dans le dos. Un leurre épouvantail…épouvantable, peu importe. L’assassin rejoint alors un conduit d’aération, en arracha la grille avant de s’y faufiler et replacer la grille. Il observa le toit. Le chat ne bougeait pas, comme s’il avait comprit le plan de l’éclair rouge. Les samurais parvinrent à se hisser. Certains qui manipulaient mieux le chakra avaient tout simplement bondit sur le toit. Ils étaient une dizaine. Fort à parier que les autres quadrillaient le secteur au sol. Il était donc presqu’impossible de s’échapper.
Le capitaine d’un des régiments qui traquait le mercenaire écarlate s’avança prudemment vers le manteau rouge hérissé de poils blancs. « C’est fini pour toi, raclure. Rends toi et lève les mains en l’air… somma-t-il. Mais il n’eut aucune réponse. Il sortit son nodachi, un sabre similaire au katana, mais de cent-cinquante centimètres. Chez les guerriers du Bushi, porter une telle arme était représentation de force. Et il tenta de transpercer ce qu’il prenait pour sa cible. Il ne parvint même pas à traverser le cuir qu’il heurta la cheminée. Le chat se mû, et descendit tranquillement de son perchoir. Le capitaine recula, stupéfait. Dante profita alors de l’effet de surprise pour passer à une dernière offensive. Il frappa la grille et l’envoya vers les quelques gardes sur le toit. Le chef découpa une première fois la grille d’un coup de nodachi, et ceux qui se tenaient derrière lui écartèrent ou découpèrent les restes pour éviter un quelconque dégât. Dante sortit de son trou, armé et s’engagea dans la bataille. Il tenta un coup de taille à la poitrine du capitaine, mais ce dernier dégaina très rapidement sa petite lame et para le coup. Ne voulant pas subir une contre attaque, Dante contourna le capitaine, le pied droit en avant et planta sa lame secrète dans l’omoplate gauche du supérieur militaire. Il prit appui avec sa lame et se lança vers le suivant…trop tard.

Depuis plusieurs années, et probablement plus d’une décennie, les samouraïs avaient apprit à se servir du chakra en combat. Des techniques puissantes et efficaces naquirent, jalousement gardées. L’une d’elle consistait en une forte projection de chakra depuis les sabres, à une vitesse impressionnante. Autant dire qu’à bout portant, il était impossible de l’esquiver. Dante se prit la croix de chakra de plein fouet et fût projeté loin en arrière. Il glissa un peu avant de heurter le garde fou du toit. Du sang se répandait sous lui. Ses blessures devenaient de plus en plus sérieuses, il était temps de mettre un terme à ce cirque. Il se releva avec peine, du sang au coin de ses lèvres souriantes. Le samouraï belligérant s’étonna de le voir se relever et bafouilla son étonnement.
- Neko ni kyûshô ari…souffla le mercenaire. * Et tu risque d’en perdre une, si tu t’entête, Dante. *
Une nouvelle nuée de gardiens de la paix armés jusqu’aux dents se hissa sur le toit. Fallait-il que le jinchuuriki arrête là son entrainement pour le surpasser le lendemain et se serve finalement de son chakra pour quitter le quartier en vie ? Ou devait-il continuer même s’il devait en mourir. Cette option ne réjouissait guère le matou qui vivait dans ses entrailles. De nombreux hommes considéraient les bijuu comme de simples démons trop chargés de haine qu’il fallait maitriser et contrôler, sans leur poser la question. A-t-on jamais vu un animal attaquer l’homme sans raison, quelle que fût sa taille ? Rares étaient ceux qui avaient profité de la conscience « humaine » de ces bestiaux de chakra, héritage du Rikudou Sennin. Ils devraient. Ils en apprendraient énormément sur ces « monstres » pas si monstrueux. Le Nibi, après tant d’années, se montrait relativement amical avec son hôte. Toujours prompt à lui prodiguer aide et force, pour peu que ça l’arrange un peu.


Cela avait commencé il y a une bonne quarantaine d’années, quelque part dans le village caché de la pluie. Dante était un tout jeune gamin qui en voulait. Il était prêt à manger ses tripes et à en redemander. Mais il était encore ignorant. Il ne savait rien de la vie. Rien de la mort. Rien de l’amour. Rien de la haine. Il avait juste eu un aperçu avec ses parents et son village. La guerre civile ravageait Ame. Il était simple trouffion, une sorte de newbie, dans les troupes de la résistance. Il ne savait pas trop pourquoi il s’était rallié à leur cause. Peut-être avait-il juste une dette de vie à leur payer.
Cela avait commencé il y a une bonne quarantaine d’années…
Dante avait combattu le bijuu qui vivait en lui et l’avait enfermé dans une nouvelle forme du sceau des sept générations divines. Et il s’entretenait régulièrement avec le démon. À vrai dire, Nibi était un véritable puits de connaissance. Il avait traversé des siècles depuis qu’il avait été créé. Mais il gardait beaucoup de choses pour « le jour où tu seras en mesure de comprendre ou de supporter ces choses. ». Il ne parlait pas beaucoup non plus, sauf quand c’en valait la peine. Il était nettement plus intelligent que Dante. Il l’écoutait, sachant qu’il pourrait se servir de chaque mot un jour ou l’autre.
Un jour, Dante l’interrogea sur les différents pouvoirs et techniques qu’il pouvait utiliser avec le chakra de bijuu. Nibi préféra ne rien dire.
- Pourquoi ?
-…
- Han, come on ! C’est parce que t’es toujours derrière les six autres sceaux ? T’es plus à même de comprendre pourquoi je ne les ôte pas. Je le ferai quand ce sera nécessaire.
- Ouvrir les sceaux…tu ne sais pas ce que ça fera, pas vrai ?
- J’aime prendre des risques.
- On ne plaisante pas avec notre puissance ! Nous avons été créés dans un but bien précis. Ce n’est pas pour rendre les humains plus forts. Les humains sont tous si stupides…Ils ne voient que ce qui leur plait, ce qu’ils veulent. Tu n’es pas bien différent. Je ne t’aiderai pas.
- Et quand tu dis "vous", tu veux dire…les bijuu ?
- C’est un nom que vous nous avez donné…
- Tu as un nom ?
- …
- D’accord, j’te propose un deal. À chaque fois que je demanderai que tu m’aide à avoir une technique ou des indications sur ce que tu me permets de faire, j’ouvrirai un sceau. Tu dois bien avoir plus de six secrets en réserve non ?
C’est ainsi que Nibi et Dante conclurent un pacte, un marché, un deal, ou peu importe. L’éclair rouge ouvrit un des six sceaux restants. Et le résultat…


Dante, toujours en mauvaise posture, saignant comme un steak fraichement ôté à la carcasse, se concentra quelques secondes. Le temps pour les samouraïs de s’avancer dangereusement. Lorsqu’ils furent à bonne distance, ils armèrent leur coup et…
- On ne plaisante pas avec notre puissance…
- Meiton…PURESSHAA !
Une onde de choc, incolore, invisible, émergea du corps du shinobi et projeta les samouraïs à plusieurs mètres au loin. Certains tombèrent au sol, d’autres s’éclatèrent contre un mur. La puissance de la technique les frappa autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Des os et des organes étaient touchés. L’éclair rouge ne se posa pas de questions et prit congé de ses adversaires. De toute façon, déshonorés par leur défaite, ils se feraient hara-kiri et une nouvelle génération viendrait combler le vide laissé dans les rangs en fin de soirée ou le lendemain matin. Le bijuu, à peine son hôte s’était laissé influencée par ses conseils pragmatiques, exigea la mort immédiate des bretteurs en armure.
- Nourris moi…Donne moi leurs âmes…NOURRIS MOI, DANTE !
- Shhhh… J’en ai suffisamment, et une majorité de gradés. Laissons les familles récupérer les dépouilles éventrées et meurtries de ces gars.
- Tu es devenu bien clément avec ceux qui tentent de te tuer, Dante…
- Et toi tu montre davantage de haine que d’habitude.
- Il y a longtemps que tu ne m’as pas nourri dans un beau combat. Tu ne fais que t’entrainer avec ces gars. Tu n’as pas fait de mission ou rencontré un adversaire valeureux depuis des mois.
- Patience, chaton. Rentrons, je saigne de partout.
Qu’il était bon de sortir de l’entrainement et de se servir du chakra. Essence « magique » ou divine, un reste d’une ancienne civilisation plus élevée peut-être. Le shinobi se servit de son shunshin no jutsu pour se déplacer à la vitesse du vent jusqu’à son domicile, le bureau de la Devil May Cry.

Ce bâtiment paraissait être un vieil entrepôt appartenant à un commerce en annexe, mitoyen, ou à un loft laissé à l’abandon depuis peu. Il n’y avait aucune enseigne à ce jour, seulement une dizaine de vitraux assez anciens pour qu’on se laissât penser qu’il n’y avait pas de double vitrage. Les murs étaient constitués de parpaings et de briques mêlés au gré des réparations, agrandissements et des manques monétaires pour faire mieux. La peinture grise et le ciment qui couvraient le mur s’effritaient depuis des mois, voir des années, sans que personne ne songe à retaper la bâtisse. En apparence se dressait un taudis infâme et insalubre laissé à l’abandon. Et pourtant Dante s’y dirigeait, d’un pas ferme. Présenter une faiblesse était une faiblesse. Dans cette ville ne survivaient que les forts et intelligents. Quelques audacieux et veinards, mais ils étaient encore moins présents que Dame Justice.

Petite parenthèse. On pourrait se demander ce que l’éclair rouge faisait dans une ville pareille. Shoubai autorise tout et n’interdit rien. Il n’y a que des conseils de sécurité. Les prétendus dirigeants, s’ils sont là et/ou plusieurs, seraient mal avisés de laisser tous les touristes et émigrants faire les idiots et se faire tuer. Aussi conseillaient-ils, par l’intermédiaire des forces de l’ordre, de ne pas divulguer son identité ou une quelconque appartenance à un groupe idéologique. Pour les simples d’esprit, cela signifiait que vous ne deviez en aucun cas dire qui vous étiez, d’où vous veniez. Sachant que la majorité de la population de Shoubai est issue de la désertion militaire, des prisons ou d’une faction agressive et idéaliste abandonnée à la mort de son leader, il était facile de comprendre que des vibrations vengeresses planaient et subsistaient.
Dante était, et demeurait, un idéaliste, un artiste de la foi, un être éclairé. De par son expérience, sa vie tumultueuse et ses griefs avec l’humanité, il savait ce qu’il fallait au monde. Il éprouvait une telle haine pour ce monde, spécialement pour ceux qui le dominaient, les êtres alpha, les exploiteurs, les chefs. Dante était convaincu de pouvoir changer les choses. Il lui importait peu de savoir si sa manière était bonne ou mauvaise.
Si cet homme était à Shoubai, c’est pour ne jamais perdre de vue pourquoi il se battait, contre quoi il s’opposait, et qui il affrontait. Pour ne jamais perdre sa férocité et sa soif de justice.
Ne l’imaginez pas comme un illuminé obsédé par une injustice d’enfance ou traumatisante qui ne cherche qu’à assouvir sa vendetta personnelle. Mais plutôt comme un vieillard aigri par la vie qu’il a menée, le monde qu’il a vu grandir et avec assez de force et de vigueur pour se lancer dans une croisade contre les causes des tourments et maux de ce monde.

Il monta le perron, plus lentement que sa démarche. Ses jambes et son tronc lui faisaient mal, couverts d’estafilades, de plaies et de taillades. Il saisit les poignées des doubles portes en bois massif et les poussa, dans un léger grincement.
L’intérieur n’avait absolument rien de semblable avec l’extérieur. Le sol était un parquet de grande qualité. Un travail de haute précision. De fines, très fines, tranches de bois superposées issues des plus solides et nobles bois. Droit devant la porte, il y avait un assez grand bureau en gaïac couvert et protégé d’un vernis rougeâtre. Un premier coup d’œil permettait d’y voir quelques papiers, documents et photographies épars. Il y avait également un grand encrier, une tasse à café dans laquelle étaient entreposés quelques crayons, plumes et pinceaux.
Directement sur la gauche, un petit studio de musique populaire. Disposés en triangle, il y avait trois instruments de base pour de la musique dite rock. Basse, batterie et guitare. Le tout reposait sur un tapis damassé de couleur bordeaux et doré. Juste à l’arrière de ces instruments, un jukebox aux néons jaunes pour l’essentiel, à la carrosserie enfoncée par-ci par-là, comme s’il avait essuyé les caprices d’un enfant peu doué de ses dix doigts. Au fond du loft, un escalier en bois de bangkiraï menait à une porte de secours. De là, il était impossible de savoir où elle menait. Sous l’escalier, il y avait un canapé éventré mais moelleux, à deux place, qui faisait face à un poste de télévision.
À droite, c’était un petit salon qui se tenait là. Un fauteuil, un canapé à trois places, et un sofa à deux places. Tous ces sièges étaient couverts d’un cuir rouge. Au centre il y avait une table basse, manifestement en chêne rouge et vernie plusieurs fois. Il n’y avait que des dessous de verre et quelques magazines féminins éparpillés sur la table. Au fond à gauche, un comptoir de bar avec une première ébauche de ce que sera l’enseigne de l’établissement. Il y avait un grand nombre de flacons, de bouteilles et de bidons d’alcools divers.
Et finalement, derrière le bureau, deux portes de chaque coté d’une ancienne cheminée qui trainait au fond, au centre.

Une jeune femme, d’environ dix-huit années s’avança timidement vers le géant rouge. Elle était vêtue d’une robe vert pomme, relativement fine et légère, se laçant dans son cou. Ses mains et avant-bras étaient couverts de gants noirs, aux bords extérieurs mauves. De grandes chaussettes de coton lui montaient jusqu’au dessus du genou et se terminaient par quelques finitions rouges brodées. Elle marchait assez bruyamment avec ses talons noirs à boucles rouges. Ce qu’il y avait de réellement impressionnant chez cet enfant, c’étaient sa tête. D’un naturel coquet, elle se démenait assez souvent pour obtenir une coupe de cheveux pas seulement original mais envoûtante. Ses cheveux châtain clair lui tombaient en cascade jusqu’entre les omoplates, et deux mèches, légèrement torsadées tombaient devant ses oreilles. Et ses yeux…d’une couleur émeraude plus profond que le cosmos, comme si la nature et la beauté de celle-ci s’était incarné dans ses prunelles.
Elle remarqua de ses beaux yeux verts que le maître des lieux était trempé de son sang. Elle s’avança précipitamment et par déformation professionnelle, et par grande affection pour Dante, elle fit un rapide constat des dégâts.
- T’as plongé dans une fosse de barbelé ou quoi ?!
- Non…un chat m’a griffé.
- C’est très sérieux, Dante nii-chan ! Certaines plaies auraient pu tuer un homme lambda !
- Oui, mais je ne suis pas un homme lambda, rétorqua-t-il. Je vais prendre une douche pour rincer ça. Il y a peut-être du sang qui n’est pas à moi, agis en conséquence.
- Dante…
- Ne t’inquiète pas. Je vais bien, tu m’retaperas. Les soldats se font blessés, les médecins sont là pour les rafistoler.
- Mes compétences ont des limites.
Dante ne tint pas compte de la remarque de son infirmière et se dirigea vers la porte du fond à gauche. Elle abritait une salle de bain modeste pour les conditions de vie qui leurs étaient offertes. Après s’être débarrassé de ses frusques ensanglantées, Dante entra dans la cabine et entra également en conversation avec le Nibi.
- Quand est-ce que tu compte me nourrir ?
- Toujours aussi haineux… Avec le temps tu devrais avoir compris.
- C’est valable pour toi aussi. Je suis un prédateur de nature. Si je ne chasse pas…si je ne me nourris pas, je vais me ramollir
, gronda la bête.
- Tu n’as pas ta dose en mission ou en combat contre les samurais ?
- Tu ne tue personne ! Tu ne fais que les estropier ou les blesser. Parfois tu te contente même de les assommer. Tu n’as pas l’air de te soucier de moi. J’ai bien envie de te laisser dans ta merde la prochaine fois que tu feras appelle à mes pouvoirs. Meiton, chakra…Tu feras une croix dessus.
- Tu oserais ?
- …
- The host can’t die…Tu avais dit ça une fois.
- The host must not die ! Neuf vies, c’est un don précieux. Je ne tiens pas à les gâcher à cause de la peine que tu éprouve pour tes ennemis ou la colère que tu ressens contre toi lorsque tu ôte une vie.
- Heeeeh… Je ne pensais pas que tu me connaissais si bien. C’est un signe d’affection d’en savoir autant.
- Ta gueule !
- Hahaha ! Oh. Tu veux peut-être un peu de Matatabi que j’ai fauché ?
- Vas te faire foutre, Dante. »
La douche prit fin en même temps que la conversation. Les blessures de l’éclair rouge, pour les plus superficielles, avaient déjà un peu cicatrisé. Il passa une main sur son ventre. « Un jour, je te rembourserai… mon ami. »
Le prince d’Harai se revêtit de la moitié de ses étoffes et sortit de la salle d’eau torse nu, une serviette en main pour se sécher les cheveux. Le nombre de personnes dans le quartier général avait doublé. L’adolescente était désormais en compagnie d’une jeune femme en tenue de prêtresse et armée d’un grand katana dans le dos. Ce qui sautait aux yeux était son opulente poitrine. Sans doute plus grosse que sa propre tête. Le sang du shinobi ne fit qu’un tour. Une prêtresse l’avait retrouvé. Cela n’annonçait rien de bon. Encore moins en constatant les regards attristés.
- Il se passe quoi ? » demanda l’éclair rouge. Personne ne répondit tout de suite. La kunoichi gémit de douleur. Une douleur intérieure.
- Je suis Zeroyo, du village d’Harai. Ouji-sama… » Elle s’agenouilla. C’est un honneur de vous rencontrer ! » Dante ne réagit pas tout de suite. Beaucoup de questions lui venaient en tête, et il devait faire le tri. Quelle était la plus importante.
- Comment m’as-tu trouvé ?
- Je suis une narratrice. J’ai parcouru le monde pour vous retrouver.
- Qui t’as dit où me trouver ?!
- À Kumogakure, personne ne savait où vous trouver. On m’a seulement indiqué quelques endroits, Ouji-sama.
- Qui ?! cria Dante qui s’impatientait.
- Miharu-hime. » Cette réponse ne convenait pas du tout au shinobi. En deux pas il se mit face à la messagère, l’attrapa par le col…ou décolleté, tant pis pour la galanterie, et la plaqua contre un mur. Ses yeux exprimaient une terreur et une colère sombre. Il avait tout fait pour protéger Miharu et d’autres camarades et amis. Miharu.

Il y a une quinzaine, peut-être une vingtaine d’années, Dante s’était marié à Miharu. Il n’était pas sûr de ses raisons lorsqu’il lui promit de la chérir et la combler jusqu’à ce que la mort les sépare. Avec le recul, il pensait que c’était surtout pour exaucer le vœu de sa mère. Et éventuellement avoir un enfant, au moins. Une progéniture à qui il aurait apprit tout ce qu’il savait. Un enfant qui serait devenu meilleur que lui. Une sorte…d’assurance égoïste peut-être même. Il l’avait quittée dans le dessein de rendre le monde meilleur pour leur famille. Aujourd’hui, cela paraissait totalement absurde. Quinze ans. Elle devait être heureuse avec un nouveau mari. Un qui ne partirait pas pour une raison si stupide. Il l’avait quittée sans lui dire où le trouver. Pour la protéger. Si maintenant on venait à découvrir qu’elle pouvait donner des indices…

Ne trouvant rien à dire à Zeroyo, il la relâcha avec un soupir. Elle semblait terrorisée. On devait lui avoir raconté pas mal d’histoires sur le fils de la Grande Prêtresse Sérénissime d’Harai no satô. Elle devait savoir qu’au fond de lui sommeillait un terrible démon qui avait autrefois détruit leur village. Et probablement mille rumeurs. Ils ne se connaissaient pas, après tout.
- Pourquoi ? Pourquoi tu voulais me retrouver ? demanda-t-il finalement. Elle hésita, se mordit la lèvre. Elle cherchait ses mots, cherchait de l’aide du regard. Regard qui rejoint les yeux couleur émeraude de l’adolescente qui vivait avec son Prince.
- Dante... murmura cette dernière.
- Hako-sama… ! Hako-sama est décédée !

La terrible nouvelle fit palpiter le cœur de Dante. Ses yeux s’écarquillèrent, ses pupilles rétrécirent. Son souffle se stoppa net. Première phase du deuil : le déni. Mais Dante avait vécu tellement de morts pénibles et douloureuses qu’il passa directement à la seconde phase : la colère. Ses dents grincèrent, ses canines s’allongèrent. Son cœur s’emballait jusqu’au double des pulsation/minute normal. Quelque part, il ne s’agissait pas de sa propre colère. Il l’était, naturellement. Qui ne l’aurait été à sa place ? Cette deuxième colère émanait de son intérieur, ses tripes, son ventre, ses entrailles, du bijuu qui y résidait. Nibi était en colère. Terriblement en colère.

Il y a plus de soixante ans, un homme malintentionné, leader d’une confrérie diabolique, l’avait libéré d’une cellule charnelle pour s’en servir à son avantage. Personne ne pouvait se servir d’un démon impunément. Mégalomane qu’il était, le leader démoniaque avait sous-estimé son arme. Elle se retourna contre lui, se déchaina, et saccagea se qui se présenta. Cela avait fait partie des plans du mégalomane. Détruire Harai, et ainsi empêcher quiconque de remettre le Nibi dans un bocal scellé. S’il avait été plus instruit en politique ou géographie, peut-être même en histoire, il aurait su qu’ailleurs des ninjas se vantaient de prouesses épiques et d’un contrôle total sur ces démons de chakra.
Ce fût Hako, la grande prêtresse sérénissime de l’époque, la gardienne du pays des démons, l’incarnation de l’exorcisme qui mit fin au carnage que provoquait le fléau à deux queues. Elle le scella dans une nouvelle prison de chair.
« Hako…sale petite peste, maudite vermine ! C’était à MOI de te tuer ! Mais ton fils…Grrr... ! »

Les représailles du démon chat vibraient tel un violent séisme dans le cœur du mercenaire rouge. Ou était-ce juste son cœur qui battait tellement vite et fort qu’il paraissait vrombir. Dante ressentit alors une forte pression aux côtes, à l’estomac et dans le dos. Une étreinte. Dans son dos nu, il sentait un mélange de chair, de tissus légers, de cheveux, le tout arrosé d’une ou deux larmes. Lorsque le contact se fit, une étincelle parcouru le cerveau du maitre de guilde, d’un bout à l’autre. Il ne ressentit alors que sa profonde tristesse, quelques regrets, une colère tournée contre lui-même, et une étreinte larmoyante emplie de compassion et de sincérité.
« Dante… Goshuushousama deshita… susurra l’adolescente. Elle serra plus fort.
- Zeroyo… Quand ? »
- Il y a une semaine, Dante-sama. Ses obsèques auront lieu demain, répondit l’intéressée, toujours agenouillée. L’éclair rouge était passé d’une humeur joviale à la colère et finalement à la tristesse. Des émotions fortes vécues avec importance. Elle n’en avait rien vu, mais Zeroyo avait ressenti ces choses. Des ondes d’énergie, différentes, très différentes, en conflit, jusqu’à l’accord symbiotique. Et l’évanouissement de ces sombres ondes. Cela l’avait terrifiée pendant un court instant. La narratrice n’avait connu que des histoires du fils de la grande prêtresse Hako. Elle n’avait aucune réelle idée de qui il était ou ce dont il était capable. La vie de Dante était pleine de mystères. Partout où il avait vécu, il n’avait pas laissé grand-chose. C’était pourquoi elle, narratrice de Harai, se porta volontaire pour aller à la rencontre de Dante-sama. Il souriait, Dante-sama. Souriait ?
Il se redressa et se sorti de l’étreinte. Il retourna dans la salle d’eau, s’empara de son gilet et de son long manteau rouge. Son œil gauche luisait différemment. C’était imperceptible pour quelqu’un qui ne le connaissait pas. Mais pas elle. Elle qui avait vécu tant de péripéties en compagnie de l’éclair rouge. « Dante… » gémit-elle. Mais il ne l’écouta pas.
- Amane… Où est Lucy ?
- Ano…elle est en mission. On est mercredi. Alors…elle doit être là-bas.
- Je vais la chercher. On ira voir…maman…à trois. » Il avait peiné à prononcé le « maman ». Il ne l’avait plus prononcé depuis presque trente ans. Certaines de ses blessures étaient encore ouvertes, mais déjà en voie de guérison. Le chakra, et selon sa nature, son origine, donnait des résultats troublants. Il n’invita personne à le suivre. Pourtant Amane et Zeroyo ne se privèrent pas de le suivre après quelques hésitations.

Sept heures. Il n’était que l’heure du petit déjeuner, le début d’une longue journée de labeur pour les employés exploités par l’absence d’un règlement de travail. Et déjà les lubricités allaient bon train. Il n’y avait pas beaucoup de maisons-closes proposant leurs services de jour. Elles avaient un « soutien » particulier. Il n’aurait d’ailleurs pas été étonnant que ces autres bordels fussent tous la propriété d’un seul individu et que tous bénéficient du même soutien. Accords et magouilles. Qui de pire que les clients ? Les filles n’étaient parfois pas majeures, étaient enlevées, droguées, achetées. Personne n’avait l’air de se soucier de leur sort, comme si les prostituées n’étaient que des sacs de chair chauds et humides, gémissant quand on les touchait. Des objets. Si les proxénètes étaient déjà des êtres infâmes et arrivistes, les clients n’étaient gère meilleurs. Aussi, l’on pouvait s’autoriser une expédition punitive. Le seuil de ce bordel, « Xtasy », était gardé par deux grands colosses en cuirasse. Une protection révolutionnaire pour des guerriers comme les samouraïs, ce qui les rendaient plus redoutables face à une poignée de shinobi.
Dante l’éclair rouge avait eu des démêlés avec leurs collègues une heure auparavant. Si pas moins. Il n’était donc pas impossible que l’un des deux géants ait été à sa poursuite. Le signalement de ce dissident en manteau rouge devait avoir été mis en circulation. Plus les choses avançaient selon les caprices du jinchuuriki, plus elles empiraient. Il ne faudrait pas longtemps avant que l’armée du bushido se lance réellement à sa poursuite. Jusqu’à avoir sa tête au bout d’une pique.
- Tue-les…
Cette voix… Elle n’était pas venue de la gorge du shinobi, ni d’une des filles qui l’accompagnaient. Elle semblait être venue du plus profond d’une âme. Et Dante ne se sentait pas la force de lui désobéir. L’assassin s’approcha des gardes et exerça son art : l’assassinat. À chacun d’eux, il adressa un V de ses doigts. Lorsque l’incompréhension gagna les vigiles, il baissa légèrement ses doigts et les aligna dans l’axe de leurs yeux. Et l’hécatombe commença. Comme les griffes rétractiles d’un félin, Dante le jinchuuriki allongea ses ongles qui allèrent crever les pupilles des pauvres malheureux. Avant que leur nerfs optique ne les affole et ne les fasse crier, l’assassin raccourcit ses griffes et les étrécis aussitôt pour les planter dans leur gorge. Ils n’avaient pas tant bougé que ça. Un œil attentif, ce qui était rare devant une maison de passe, aurait remarqué un léger éclat dans les verres de leurs lunettes. Leur cadavre s’appuyèrent chacun sur un coté du cadre de l’entrée. Dante passa entre les deux. « Reste ici, Amane. J’en ai pas pour longtemps, dit-il en se retournant une dernière fois.

- Tu vas finalement me nourrir…
- Désolée, mon chou, ici c’est pas un restaurant, répondit l’hôtesse d’accueil sans même daigner lever la tête d’un cahier de notes. Elle aussi était bien jolie. Un kimono en satin enveloppait sa diabolique anatomie. Ou divine, à vous de voir. Il n’enveloppait d’ailleurs pas beaucoup. Il était aisé de savoir qu’elle n’avait pas de sous-vêtements. Mais elle n’était pas une « employée » comme les autres. Elle n’était très probablement qu’un avant gout.
- Tu ferais mieux de quitter cette maison, ma belle. Ça risque de devenir moche d’ici peu.
- T’es encore un de ces inépuisables étalons, mon mignon ? » Elle n’avait toujours pas relevé les yeux.
-  Non, chérie. Je crois vraiment que tu devrais partir…maintenant, insista le mercenaire. Cette fois-ci, elle daigna lever les yeux. Elle plongea son regard dans la perle et le lapis-lazuli que composaient à présent les iris de Dante. Elle remarqua une lueur, qu’elle ne sut réellement comprendre. Elle s’en alla prestement.
Dante continua alors dans le hall jusqu’à atteindre un long couloir couvert d’un tapis rouge. Un long couloir parsemé de shoji. Au travers, il était possible de voir les chambres occupées. C’était bruyant et dégoutant. On entendait des râles d’épuisement, des gémissements de douleur, parfois des cris. « Même les animaux sont moins dégueulasses… Abats-les comme des chiens… gronda la bête. Le premier acte était toujours aussi impressionnant, qu’importait le nombre de fois qu’on pouvait le voir. Cela commençait par un alourdissement de l’atmosphère. Une vibration effroyable qui vous remuait à l’intérieur, remontait, se propageait dans tout votre système sanguin et lymphatique. Comme si tout se mettait subitement à bouillir. Un malaise. Et vos yeux ne pouvaient se dérober de la scène. Le manteau rouge s’agite. Une aura malfaisante et de la couleur des flammes de l’enfer en émanait. Lorsqu’elle atteint une densité suffisante, tout le chakra se concentra vers le corps de Dante pour s’y coller. Il semblait alors irradier d’une couleur bleue, se mouvant comme de paisibles flammes. Des flammes d’un mélange de bleu nuit, cobalt, lapis-lazuli et saphir. Et finalement, l’instrument de mort prenait forme. Si l’on pouvait maitriser et utiliser le chakra d’un bijuu à son plein potentiel, il était possible d’arriver à de tels résultats. Surtout si l’on avait autant d’énergie vitale. Les deux queues qui caractérisaient le démon chat apparurent mais sous la forme plus compacte, plus solide, celle du niveau deux. À leur extrémité s’ébauchèrent deux terrifiantes gueules de dragon (au sens littéraire). Des canines, des mâchoires et même une langue de reptile prirent forme dans les bouches démoniaques. Les deux têtes étaient accomplies. L’une était flanquée d’une dentition de requin. Plusieurs rangées de dents acérées et longues représentaient la mâchoire. L’autre était plus colossale, définitivement créée pour saisir les corps avec une pression féroce.

Un véritable rugissement fit trembler les toiles des shoji attirant ainsi l’attention de tout le rez-de-chaussée. Un duo de Yakuza, ces truands à la solde du dirigeant mystérieux, déboula aussitôt dans le couloir, armés de katana courts. Sans tarder, le jinchuuriki prolongea ses deux têtes. Celle de gauche, la puissante mâchoire, se saisit du crâne d’un premier belligérant et le souleva. La pression fit sauter la boite crânienne. Gueule de rasoir ouvrit grand et comme un fouet frappa la poitrine du second Yak’. Les dents longues et acérées déchiquetèrent la cage thoracique du malheureux. Sa bile, ses tripes, son sang, sa lymphe et toutes les autres saloperies qui étaient en lui se répandirent par terre dans un bruit écœurant. Un client qui ne s’était pas encore entièrement déshabillé fit coulisser la porte et constata l’horreur. Il eut un haut-le-cœur et se tourna vers le responsable. Sweet Tooth s’approcha rapidement de la tête du client et hurla en dévoilant toutes ses dents. Le sous-vêtement du pauvre type se teint de jaune. « Je te l’avais dit… même les animaux sont moins dégueulasses, renchérit Nibi par la bouche de son hôte. Jaw saisit une jambe du pauvre gars, celle qui n’était pas couverte d’urine, et le retourna, tête en bas. Le dragon à la forte dentition attrapa l’autre jambe. La prostituée hurla de terreur. « Fais un vœu, ajouta Nibi avant de séparer le client en deux parties.
- Toi, la femelle, tu vas rejoindre le dernier étage. MAINTENANT ! » Elle s’exécuta, tremblante de frayeur. Elle ramassa un drap et couru vers le fond du couloir et gravit l’escalier. Trois autres prostituées et quatre clients sortirent de leur « chambre ». Les filles ne surent rien exprimer, totalement paralysées. Elles pouvaient être maltraitées et relever la tête, mais elles n’étaient pas habituées à un pareil spectacle. Un des clients s’avéra être un shinobi. Il joignit les mains en un mudra et marmonna un juron. Mais les deux dragons se saisirent chacun d’un de ses bras au niveau des poignets et tirèrent. Les bras s’arrachèrent, le ninja tomba à genou en implorant la pitié. Les catins crièrent de plus belle. « Les femmes au dernier étage. Plus vite ! » La menace suffit à les faire remuer. Nues, couverte d’un drap tâché ou même trempée de sueur et de liquides séminaux, elles s’exécutèrent en vitesse. Les hommes ne surent trop que faire. Aucun ordre ne leur avait été donné, et ils avaient été dérangés en plein acte.
- Pour avoir considéré un être égal comme un jouet, vous aller être brisés comme des jouets… Mes jouets… » Sweet Tooth fendit le couloir et transperça un gars. Entre ses dents palpitait encore un cœur saignant. Jaw ondula et se raidit d’un coup pour aller frapper une paire de testicules. Il était difficile de savoir ce qu’elles devinrent, mais la victime s’évanouit, un filet de sang à la lèvre. Une flaque du même liquide ne tarda pas à se répandre sous son bassin. Le quatrième homme espéra atteindre assez vite son arme, une sorte de grand trident. Mais il ne fût pas assez rapide pour se défendre. Sous l’impulsion du puissant chakra de bijuu, Dante s’avança d’un pas glissé vers le dernier homme du rez-de-chaussée. Jaw s’empara du trident et l’arracha des mains du future tas de viande démembré. « Fais-lui maaaaaal… ! » Dante allongea un de ses ongles en griffe et avec l’efficacité d’un scalpel, il découpa la chair du malheureux de haut en bas, bien au milieu. La puissante mâchoire au bout de la première queue saisit le sternum visible et extirpa le squelette et une bonne partie des organes de la peau du client au trident.
- OUIIIIIIIIII !
L’excitation grandissait chez Dante. Cela lui paraissait plus fort et plus agréable qu’un orgasme. Il n’aimait pas tuer, mais soulager sa colère, l’aversion qu’il avait pour ces êtres abjects… un sentiment tellement contradictoire avec ses convictions l’envahissait. Son corps s’anima de lui-même. Il ressentait chaque parcelle de sa peau comme si lui-même se déplaçait, il était conscient de la scène et de ses émotions... mais c’était comme s’il n’avait le contrôle d’aucune de ses actions. Comme ces scènes de films tournées à la vue subjective. Un carnage, il s’amusait, c’était bon, la scène était bonne, il était bon. Mais les spectateurs dans la salle de cinéma étaient horrifiés, ils criaient. Le gars à l’écran qui zigouillait tout le monde, c’était lui. Il n’était pas le héros… il était le monstre.
Ses jambes pressèrent le pas. Il monta la volée d’escalier et attint le premier étage. Il y avait plus de chambres à cet étage. Et bien plus de clients mécontents du tapage. En voyant le tricéphale, ils s’empressèrent de lancer l’assaut.
- Les femmes au dernier étage ! Faites passer le mot aux autres filles. » Il commençait à en avoir marre de se répéter.

Un fermier reçoit en cadeau pour son fils un cheval blanc. Son voisin vient vers lui et lui dit : « Vous avez beaucoup de chance. Ce n’est pas à moi que quelqu’un offrirait un aussi beau cheval blanc ! » Le fermier répond : « Je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose… »
Plus tard, le fils du fermier monte le cheval et celui-ci rue et éjecte son cavalier. Le fils du fermier se brise la jambe. « Oh, quelle horreur ! dit le voisin. Vous aviez raison de dire que cela pouvait être une mauvaise chose. Assurément, celui qui vous a offert ce cheval l’a fait exprès pour vous nuire. Maintenant votre fils est estropié à vie ! » Le fermier ne semble pas gêné outre mesure. « Je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose »
Là-dessus, la guerre éclate et tous les jeunes sont mobilisés, sauf le fils du fermier avec sa jambe brisée. Le voisin revient alors et dit : « Votre fils sera le seul du village à ne pas partir à la guerre, assurément il a beaucoup de chance. » Et le fermier de répéter : « Je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose »

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Amonkira

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MessageSujet: Re: L'héritage d'un Prince Dim 11 Mar - 15:43


Ce conte illustrait parfaitement la réflexion de Dante à ce moment. Il attachait beaucoup d’importance à la vie, qu’elle soit humaine, animale ou végétale. C’était une valeur fondamentale de sa foi. Mais comme l’existence même, l’univers est constitué de contradictions. Attraction et répulsion. Vie et mort. Homme et femme. Yin et Yang. Ses croyances ne faisaient pas exception. Il tuait pour survivre, cela pouvait être faste ou néfaste. Il ne tuait jamais par plaisir, et pourtant soulager sa peine pouvait paraitre égoïste et insensé. Comme le conte zen le disait : « Il ne sait pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose » Laisser à Nibi le contrôle pour qu’il se repaisse de cœurs et d’âmes pouvait être une bonne ou une mauvaise chose. Très probablement les deux. Ô, Paradoxe, quand tu nous tiens ! Il cessa de lutter avec son démon intérieur. Le félin ne pu que s’en réjouir.
Dans l’univers mental, un concept difficilement explicable pour les êtres normaux, sans bijuu, Dante se tint face au Nekomata. Son visage, d’habitude charmeur ou provocateur, exprimait un sentiment partagé entre le chagrin et la rage. Il ne savait plus si c’était normal de ressentir cela, aussi il s’adressa à un être qui avait plus de bouteille que lui et qui le connaissait de long en large.
- J’ai l’impression de me perdre dans mes pensées, Chaton. Je suis en colère contre le monde pour m’avoir arraché ma mère. Je suis en colère contre moi pour ne pas avoir pris le temps que j’aurai dû avec elle. Je suis en colère contre elle pour m’avoir abandonné et ne pas m’avoir retenu. Je suis en colère contre Amane pour ne pas comprendre ce que je vis. Et tout ça est exacerbé parce que toi, toi… tu enrage à l’idée qu’elle soit partie sans que ça ne soit de ton fait. Tu me dégoûte sur ce coup, j’ai envie de te démolir… mais ça serait contenir encore plus ta haine. Et en cette période… je ne suis pas sûr de pouvoir le supporter. J’ai un regard absent sur ce que tu fais. Je reste conscient, tu es incapable de me voler mon corps. Et je parle plus que d’habitude ! Raaah ! »
- Tu fais bien de me laisser faire. Je régule ton espèce ignoble.
- Est-ce qu’elle a bien fait de te laisser intact quand elle t’a scellé ?
- Question de perspective, comme toute chose. Des regrets ?
- Non. Ta haine n’est qu’une partie de toi. Tu es capable d’amour. Comme l’humanité. On a déjà eu cette conversation… « Je ne peux pas prétendre à apporter l’amour et la paix aux hommes si je ne suis pas capable de te l’apporter » Tu te souviens ?
Silence.

- Vaniteux matou.
- Humain ignare.
- Et si j’adoptais un chien ?
- En bouillon c’est délicieux.
- Y parait, consentit Dante. Il hésita et demanda finalement : Pourquoi cette voix ? »
- En ninja tu dois savoir que la parole est un outil. En m’exprimant ainsi par tes cordes vocales, je t’ai amené à faire ce que tu désirais. Tu es un assassin. Tu es un ninja. Tu es un jinchuuriki. Le meurtre fait partie de toi. Tu ne dois pas renier ce que tu es. Tu ne dois pas me renier.
- Mais toi aussi tu fulmine.
- Nous sommes liés. Je suis comme… un passager noir. Je ne m’attarderai pas sur la dualité. Tu sais ce qu’il y a à savoir. D’ailleurs… J’ai fini.

Telle était la relation qu’entretenait Dante avec Nibi. Complexe et sage. Chacun se disputait la suprématie de l’unique être qu’ils formaient. Cela convenait au déserteur. Il ne cherchait ni l’admiration de ses pairs, pas plus que leur dévouement total et inconditionnel. Une relation suffisait. Et la complexité qu’il entretenait avec son ami félin de toujours ressemblait à celles qu’il entretenait avec ses semblables. Retour à la réalité. Le premier étage de la maison close ressemblait désormais à un abattoir. Des morceaux de corps, des organes et des fluides étaient répandus au sol, sur les murs et les shoji. Il y avait même un crâne émietté enfoncé dans le plafond. Un yakuza était pendu par les tripes d’un client. Vous voyez l’topo. L’éclair rouge ne tenait pas à rester plus longtemps sur la scène de l’hécatombe. Aussi se dépêcha-t-il de rejoindre le second et dernier étage avant le toit. Les têtes de dragon s’étaient évanouies et Dante avait reçu un cadeau empoisonné. Pas au sens propre, espéra-t-il. Son corps était transpercé par quelques kunai et shuriken. Cinq ou six dans le dos et un peu plus à l’avant. La douleur n’était pas si terrible. Il se sentait par ailleurs très apaisé. Il respirait calmement, son cœur n’était pas en pleine tentative de record et il avait la tête froide. Il monta la dernière volée de marches.
Le dernier étage ressemblait en tous points au précédent. Shoji, matelas poisseux et de nouveaux adversaires. Ah, il y avait tout de même une différence, toutes les filles de la maison s’était réfugiées dans une chambre. Il ne restait que deux gars, à genoux, implorant la pitié et le pardon. Dante pointa son index droit vers leur tête, et dans un petit bruit, une bille de plombs parti à toute vitesse et transperça le crâne. Le suivant eu le même sort une seconde après. L’éclair rouge vacilla, déjà exténué de cette matinée. Elles étaient rarement aussi remplies, à l’inverse de son estomac présentement. Il marcha nonchalamment vers la dernière chambre, où toutes les filles sanglotaient, se rassuraient dans un spectacle d’ombres chinoises. Dante posa la main sur la porte coulissante. Il la fit glisser et se retrouva face à…

Un poing se dessina sur son visage, l’écrasa. Son nez s’aplatit, sa joue se déforma. Mais il n’y avait pas de poing. Néanmoins, la force imprégnée aurait suffit à lui briser le faciès. Il recula d’un pas, surprit. Il entrouvrit un œil et…surprise !
- Lucy ?
- Dante ?! » Il s’agissait bien de Lucy. Ses cornes dissimulées par une coiffe ornementale. Ses cheveux couleur incarnadins. Son regard. « MAIS T’AS DISJONCTÉ, OU QUOI ?! hurla-t-elle. Elle frappa encore. La lèvre de l’éclair rouge se teinta de sang sans qu’il ne bronche. Elle lu dans ses yeux bleus que quelque chose n’allait pas. Elle remit son kimono en place et s’avança vers lui, ignorant les mises en garde et suppliques des courtisanes. Elles continuaient de pleurer, sangloter, demander grâce. L’une d’elle demanda même si le tueur allait les violer. Ironique, n’est-il pas ?
- Violer des prostituées, ça parait tellement insensé… Non. Vous êtes libres désormais. Nul être humain ne devrait être considéré comme un objet, un jouet, expliqua Dante. Il fouilla dans une poche ce qui effraya une ou deux fille. Il en sortit une carte de visite et la leur tendit. « Si on vous oblige encore à faire ce travail ingrat, venez me voir. » Et ils s’en allèrent, Lucy et lui, laissant les prostituées à leur sort. Ils quittèrent le bordel par une fenêtre qui donnait sur une ruelle, juste à coté.

Amane et Zeroyo les virent et les rejoignirent aussitôt. Ils quittèrent la ruelle en vitesse, jusqu’à un bar dans la rue des mandales. S’attarder sur les lieux d’un carnage était dangereux. Et affaiblit par une utilisation excessive de son chakra pour maintenir la forme des deux queues et deux sessions de blessures, Dante ne pouvait se permettre d’affronter un nouveau contingent de samouraïs. Zeroyo ne montrait pas de difficultés à suivre trois shinobi de haute volée. Il semblait même qu’elle en redemandait. Cette matinée qui s’annonçait belle et tranquille s’avéra terriblement éprouvante. Et elle ne s’annonça que plus terrible encore. Le ciel se couvrait d’épais nuages sombres, et dans la minute, une forte averse commença. En essayant de saisir un échelon d’échelle de secours et s’y balancer, Dante ressentit une douleur dans ses muscles intercostaux et chuta. Il tomba dans un jeu de poubelles, bruyamment. Les trois femmes qui l’accompagnaient se précipitèrent au sol pour l’aider, mais il se dégagea de toute aide. Il laissa tout de même Amane utiliser son jutsu de soin d’un air ronchon. Lucy ne cessait de le regarder. De ses yeux mauves et son faciès sérieux, elle cherchait à comprendre, en vain. Personne ne daignait lui répondre. L’adolescente n’osait pas en parler, la narratrice garda un silence prudent, et préférait consigner certaines données sur un parchemin déjà fort bien remplit.
- Au fait, ça sert à quoi une narratrice ? demanda finalement la cornue.
- Les narratrices sont des prêtresses qui ont pour mission de consigner l’histoire, de la manière la plus objective possible et sans intervenir.
- Et pourquoi tu es ici ?
- … 
Ils continuèrent leur route à pied, plus calmement, sans un mot. Mais la pluie commençait à être dérangeante pour les trois demoiselles. La plus jeune était vêtue trop légèrement pour cette journée, aussi les tissus tendaient à devenir transparents. La démone des vents nocturnes n’était toujours habillée que par un kimono de courtisane, sans autre chose. Et finalement, la prêtresse voluptueuse portait un vêtement traditionnel de couleur blanche. Shoubai regorgeait de détraqués sexuels et autres pervers. Il n’était pas rassurant de les laisser continuer ainsi.
- Dante-sama. Nous devrions nous hâter, suggéra Zeroyo. Je peux nous emmener chez vous. J’ai la sagesse des toriis.
- De quoi est-ce que tu parle ? Et pourquoi tu l’appelle Dante-sama ? s’impatienta la démone des vents nocturnes.
- Kaete ! cria l’éclair rouge. Prononcer le vrai nom de la cornue avait des effets surprenants. Comme lui imposer le silence. Elle se ravisa naturellement, la mine boudeuse. D’un geste de la main, Dante pria la narratrice de faire une démonstration de la science des toriis. Elle hocha humblement la tête, honorée. Elle remonta ses manches, se préparant à un grand labeur. Elle ferma les yeux, se concentra sur sa présente respiration et son futur effort. Lorsqu’elle les rouvrit, elle se mit à exécuter des signes incantatoires avec les mains. Ils n’avaient rien de semblable à ceux qu’utilisaient les shinobi. Les kunoichi reconnurent un ou deux sceaux que Dante utilisait pour l’une de ses techniques. Elles comprirent d’ailleurs rapidement l’origine de ladite technique.
Lorsque Zeroyo eut terminé, elle frappa le sol de ses paumes. Les dalles de béton se craquelèrent, se morcelèrent et se soulevèrent pour qu’un grand portail mystique puisse s’élever. Un torii d’une taille respectable d’environ trois mètres. Dans l’espace entre les hashira et les nuki, il y avait un paysage qui ne correspondait pas du tout avec celui de la ville commerciale. En fait, on voyait une main de pierre, exactement comme celles que Dante créait avec sa technique doton. On pouvait distinguer quelques arbres, et une vallée ensoleillée. Le passage était créé.
- Si vous voulez bien vous donner la peine.

____________________

Harai. Situé à Oni no kuni, ce village était représenté par une culture bien différente des shinobi. Leur économie était soutenue par un commerce d’artisanat, un peu de tourisme et d’élevages. Leur artisanat était très vaste et allait des petits objets en ambre aux meubles en bois. Il y avait d’ailleurs des arbres très rares dans cette vallée. Le village était modeste, mais s’était curieusement agrandit depuis le départ du prince. Modernisé et embellit, également. L’éternelle main de pierre créée par Birujiru il y a une soixantaine d’année demeurait à sa place. Avec le temps, elle avait même été successivement considérée comme un symbole de persévérance, un lieu de rendez-vous pour les ados, un terrain d’entrainement pour les soldats et finalement un sanctuaire. En effet, il y avait une tombe à quelques mètres.
Comme traversant un voile immatériel, Dante, Amane, Kaete et Zeroyo traversèrent successivement le portail pour atterrir dans le sanctuaire ensoleillé. Les amies de l’éclair rouge comprirent où elles étaient. Cela faisait longtemps qu’elles n’avaient foulé le sol de ce village. Ils se mirent en marche.
- Alors, nous revoilà à Harai no satô ?
- Ouais.
- Dante-sama, dans son testament, Hako-sama a demandé à ce que vous retourniez chez vous.
- Testament ? s’étonna Lucy. Alors… oh merde… Dante, je.. !
- Ca ira. Allons-y.

À l’entrée du village, la garde considéra Zeroyo. Ils avaient été prévenus de sa mission. Aussi, même s’ils étaient trop jeunes pour l’avoir connu, ils convinrent que l’homme au manteau rouge était le fils unique de feu la Grande Prêtresse Sérénissime. Ils laissèrent entrer leurs ressortissant et leur escorte et les saluèrent d’une révérence. La rumeur avait été répandue dès le départ de la narratrice. Le prince allait revenir…s’il était retrouvé. Aussi, les villageois qui vaquaient à leurs occupations non loin de l’entrée du village s’interrompirent immédiatement pour saluer le dernier descendant de la dynastie actuelle. Des salutations verbales et pompeuses accompagnaient parfois les révérences et les murmures. Dante ne leur prêtait pas vraiment d’attention. De temps à autre, il lançait une œillade vers quelqu’un qu’il pensait connaitre avant de se souvenir qu’il était parti depuis cinquante ans. Pendant tout le temps où il traversait le village, le prince se souvint d’évènements de son enfance. Le jour où il s’est brisé le bras et la clavicule. La fois où il s’est fait coursé par plusieurs petites amies en même temps. Le jour où son combat d’évaluation contre son sensei qui s’était étendu jusqu’à la place du marché. Des bons souvenirs et des moins bons. Après plusieurs minutes de marche à travers ce cirque de courbettes et de réminiscence, le quatuor attint la demeure familiale de Dante. Elle n’avait pas changée d’un pouce. Pas même d’une écharde. L’éclair rouge hésita un instant, devant le seuil de la porte et se décida enfin à entrer. « Tadaima, murmura-t-il.

La maison n’avait pas tant changée. Il y avait des meubles en plus, d’autres avaient été remplacés, certains ôté une fois rendus obsolètes. Il y avait de nouvelles photographies encadrées sur des étagères ou les murs. Des photos du mariage de ses parents, du sien. Private Zombi remarqua la photo d’un charmant bébé.
- Oooh ! C’est toi, nii-san ? T’étais vraiment mignon ! fit-elle remarquer, toute emballée.
- On a du mal à croire que ce charmant bébé est devenu la terreur que tu es aujourd’hui, se moqua Lucy. Oh, waouh… » Elle s’était arrêtée devant un portrait d’une remarquable qualité. Le couple sérénissime. Assise sur un siège semblable à un trône, une magnifique femme d’une trentaine d’année. L’artiste a su rendre toute la beauté de la dame, tant dans ses yeux que ses cheveux soyeux ou son sourire angélique. Derrière elle se tenait son époux, Birujiru, souriant de toutes ses dents. Il paraissait légèrement attardé. « Difficile d’être moche avec des parents si beaux, compléta la démone des vents nocturnes. Dante ne répondit que d’un « ouais » égaré. Il déambulait dans le rez-de-chaussée, saisissant parfois un objet ou une photo qui lui parlaient. Un sourire nostalgique se dessinait quelques fois sur son visage. Le service à thé en porcelaine de son père le fit même rire. Il se souvenait des longues heures passées à la cérémonie du thé dans ces temps d’impatience et d’insouciance. Et finalement il remarqua la lueur sur un mannequin de couture. Il ne savait pas que l’un de ses parents s’y était mit. Il s’approcha du mannequin et se dit que sa mère s’était mise à la couture. Son pendentif y était accroché. Elle n’avait jamais voulu dire ce qu’était cette matière si précieuse. Elle répondait toujours à son fils trop curieux : « Tu sauras en temps voulu, fils » Dante s’en approcha, considérant le bijou comme un précieux héritage, peu importe ce qu’il en était. Les deux filles se tenaient derrière lui, curieuses de sa trouvaille. Zeroyo consignait quelque chose sur un rouleau de parchemin. L’éclair rouge tendit la main vers le pendentif. Ses doigts l’effleurèrent. Il se produit alors quelque chose d’inexplicable pour le commun des mortels. Un évènement qui n’arrive qu’une seule fois dans une vie.
Une lumière, à la fois chaude et aveuglante, jaillit du cœur du pendentif, illuminant le salon. C’était presque aussi puissant que le jutsu d’aveuglement, tel un soleil naissant et étincelant dans les ténèbres cosmiques. Ou peut-être pas, après tout. La coruscation s’amenuisa finalement pendant que les quatre personnages se frottaient les yeux. S’amenuisa tellement qu’une silhouette en résulta. Elle prit des formes, des courbes, s’effila, s’allongea, se creusa. Et finalement se colora. Lorsqu’il fût en mesure de poser les yeux sur le « bijou », Dante cru à une hallucination, un effet d’optique ou un désir intérieur tellement fort qu’il lui faisait voir l’irréel. Et pourtant, Elle était là. Ne sachant s’il devait croire à sa folie ou à un miracle, le shinobi tomba à genou, ébahi, éberlué, bouche bée. Mais il en était de même pour les trois femmes. Aucune d’elle ne semblait voir une autre réalité. Hako, la grande prêtresse sérénissime se tenait devant tous, défiant ainsi la mort, irradiant d’une lumière oscillante et intense. Elle sourit tendrement. Par respect, la narratrice se prosterna, tirant les deux autres filles au sol pour qu’elles en fassent autant. À genoux, Dante ne pu s’empêcher de ressentir des sentiments contradictoires. Conséquence d’avoir deux consciences dans un même corps. Le Nibi rejetait la belle prêtresse alors que l’éclair rouge l’accueillait à bras ouvert. La tête baissée, une larme perla et coula le long de sa joue pour toucher le parquet sombre et poussiéreux. Dans son infinie bonté et toujours souriante, sa main s’approcha du menton de l’éclair rouge et lui releva la tête pour lui sourire aimablement. Elle eut un rire cristallin. Non seulement elle sortait d’une perle avec la lumière d’une divinité, mais elle pouvait le toucher. Le visage du Prince se tordit et il s’empressa de la serrer dans ses bras, les genoux trainant dans la poussière.
- J’ai tellement honte… pleura-t-il sur son épaule
- Ce n’est rien, mon fils, répondit-elle de sa voix sucrée. Elle semblait parcourue d’un léger écho intérieur. J’ai pu entrevoir certaines choses. Passées, présentes et futures.
- Tu dois me prendre pour un démon, rétorqua Dante en s’éloignant de l’étreinte.
- Non. Tu te bats pour ce que tu crois juste, pour défendre une noble cause. Tu as sacrifié ton bonheur pour cette cause. Je suis fière de toi.
- Comment pouvez-vous…être là ? interrompit la cornue.
- Kaete-san. Heureuse de te revoir, répondit l’intéressée avec le même sourire angélique. Pour faire simple, lorsque j’ai compris que mes jours étaient comptés, j’ai peu à peu stocké des fragments de mes énergies dans ce pendentif. Et aujourd’hui, par écho, elles ont pu se libérer et se rassembler. C’est un peu comme…une dernière volonté. Et comme je ne voulais pas apparaître comme une vieille peau, j’ai raccourci mon espérance de vie, teehee.
- Je savais que Dante-nii-chan était incroyable… mais sa mère en serait presque effrayante.
- Amane-chaaan ! Tu as bien changée, ravie de te revoir également. Je prendrai ça comme un compliment, s’amusa Hako. Après tout, comment aurais-je pu dresser ce garnement sans être capable de le terroriser ?
- Hahaha ! Vous allez peut-être nous donner un cours particulier.
- Dante peut vraiment avoir peur ?
- Je n’ai peur de rien ni de personne. Plus maintenant… Il marqua une pause à laquelle tout le monde s’invita, tristement revenus à la réalité.
- On pourra toujours te trouver un chien, plaisanta finalement la cornue.
- C’est délicieux en bouillon.
- Alors tu as vraiment essayé ? questionna la prêtresse, intriguée.
- Ouais. Guerre civile, manque de vivres, on a dû se rabattre sur les chiens, les chats, parfois des rats. J’ai même eu un doute sur les ramens au porc de Miyasaki.
- Aaaah ! C’est dégueulasse ! fit Lucy, écœurée.
- Hé mais…alors… ? paniqua la gamine.
- Non, c’était une blague. Il n’a jamais fait de viande humaine.
- T’es méchant ! J’ai faillit vomir, là ! Méchant Dante ! Méchant !
Hako éclata de rire et Zeroyo ne pu s’empêcher de sourire, le regard attendrit. Finalement, le sérieux reprit le pas dans la conversation.
- M’man, j’ai besoin de précisions. Sur Nibi. J’ai déjà ouvert trois sceaux de la nouvelle forme du Kamiyonanayo. Je voulais ton avis sur l’ouverture des autres sceaux.
- Ah… J’avoue que je connais assez mal les effets de ce sceau sur un bijuu. Ce sceau avait été conçu à l’origine pour enfermer…
- Oui, oui, je sais tout ça. Merci à tes cours. Mais j’ai besoin d’une réponse. J’ai toujours l’impression qu’il se fout de moi. Après toutes ces années… Après tout ce temps, il s’est montré amical, mais il a des besoins immoraux à mes yeux. Il est toujours aussi haineux, et même si j’ai de quoi le contenir, même si je peux utiliser son chakra, je ne peux l’utiliser à son plein potentiel. Et ça me demande beaucoup trop de chakra de le contenir. Je sais que père aurait pu m’aider pour cette partie mais…
- Dante. Ne t’en fais pas. Ce que je peux te conseiller, c’est de laisser un dernier sceau fermé. Et seulement si tu te sens capable de le contenir sans laisser la haine déborder, tu pourras te permettre d’ouvrir le septième.
- Je crois avoir raté un épisode. Je croyais que tu avais besoin de libérer tout son chakra pour utiliser sa forme originale.
- Je t’expliquerai plus tard, Lucy, trancha l’éclair rouge.
- Tu m’y fais penser… Fiston, ton père et moi t’avons laissé ce qu’on pourrait appeler un héritage dans ta chambre. C’est assez matériel, mais ça devrait te faire plaisir et t’aider dans ton combat.
- Ah ?
- Vas les chercher, je t’expliquerai de quoi il s’agit.
- Hai, hai… souffla Dante. Il n’avait pas envie de laisser le fantôme de sa génitrice alors qu’ils n’avaient que peu de temps pour se parler. Mais il n’avait pas le choix, apparemment. Il tourna les talons, fourra ses mains dans les poches et disparut dans le hall. On l’entendit gravir les escaliers en bois. Il n’y avait donc plus qu’Amane, Lucy, Zeroyo et Hako.

Celle-ci entama d’ailleurs une conversation qui lui tenait à cœur.
- Maintenant que je ne suis plus de ce monde, j’ai une mission importante à vous confier. Amane, Kaede…
- Han ?
- Vous connaissez mon prénom ?
- Je sais beaucoup de chose, répondit-elle amusée. Certaines ne se sont jamais produites, d’autres ne se produiront peut-être pas, et beaucoup se réaliseront. Tel est le fardeau d’une prêtresse. C’est un don assez rare, même chez nous. Celles qui en héritent sont souvent destinées à devenir Grande Prêtresse Sérénissime.
- Vous voyez dans le temps alors ?
- Seulement le futur. C’est ainsi que je connaissais vos prénoms avant de vous rencontrer. Et c’est aussi pour ça que je veux vous confier cette tâche. » Son visage se durcit.  Vous êtes importantes pour Dante. Kanta également. Vous lui apporter une chose essentielle.
- Un bon paquet de fric ? plaisanta Kaede.
- Hahaha. C’est bien possible, en effet. Mais il n’en a pas autant besoin. Pas autant que l’amour. Même avec toutes les horreurs qu’il a vécues en mon absence, je connais mon Dante. Il ne vous a probablement jamais dit qu’il vous aimait. C’est un shinobi, après tout. Son père ne se l’était pas permis avant sa retraite, et même pendant de longs mois après. Mais je le savais, et vous aussi, j’en suis sûre. Mon fils a en lui, à cause de moi – qu’on me pardonne – une puissance qu’il ne pourra jamais dominer sans cet amour et cette amitié que vous lui portez. Et il risquera de s’enliser dans la peine et la haine si vous ne lui donnez pas. C’est le présage le plus pessimiste que j’ai vu.
- Et il y en a un meilleur ? s'inquiéta Zombi.
- Oui. Dante est destiné à accomplir de grandes choses. Peut-être pas les meilleures, j’en conviens, et vous m’en voyez navrée. J’étais contre son objectif de devenir shinobi…
- Parce que vous saviez ce qu’il deviendrait… interrompit Lucy.
- Je savais surtout que la mission des shinobi était de tuer pour le bien de leur village. Et ça n’a pas changé. Je suis toutefois rassurée qu’il n’y prenne aucun plaisir. » Elle marqua une pause, le regard inquiet, mais avec un léger sourire.  Je ne vous raconterai pas l’avenir. Vous devrez faire vos propres choix. Je… Soyez là pour lui. Tous les trois. Tant que vous êtes ensemble, il ne craint rien. Je peux compter sur vous ?
- Hai ! répondirent-elles en cœur.

À l'étage, Dante avait retrouvé son ancienne, sa première chambre. Elle n'avais pas tant changée. Ses parents l'avaient probablement gardée presqu'intacte pour le jour où il reviendrait. Il y avait toujours le même poster au dessus de son lit. Une jeune femme – qui ne devait plus avoir de si beaux restes aujourd'hui – posant nue derrière ses oeuvres. Des sculptures, des disques et un tableau. Ce qui était intéressant dans le visuel artistique de cette affiche, c'était que les oeuvres suggéraient, ou redéfinissaient les traits qui étaient derrière. Même s'il s'agissait donc de deux vinyles, il était aisé d'admirer sa poitrine. Un poster pour adolescent en gros. L'éclair rouge aimait les artistes, peut importait leurs créations, leurs inspirations et expressions. C'était une raison qui le poussait à faire acquisition de magazines féminins. Il y avait quelques photos aux murs et sur une commode. Ses yeux tombèrent naturellement sur sa guitare, la première qu'il ait eu entre les mains. Mais il y avait encore plus curieux. Sur son lit, au dessus des couvertures étaient étalés, presque présentés, quelques objets à l'aspect familier ou totalement inconnus. Il y avait, sous les objets, un grand parchemin qui paraissait servir d'écrin. Cependant, les écritures peintes sur le papier auguraient trois surprises. Et sur ce grand parchemin d'invocation se tenait trois cadeaux pour le moins curieux.
De droite à gauche s'étalaient plusieurs objets tels la belle au bois dormant sur le lit double du Prince, languissant d'une saisie providentielle. D'abord ce qui ressemblait à une chaine d'anneaux d'os, comme des vertèbres creusées et liées entre elles. Ces anneaux étaient rond pour la solidité des maillons, mais le bords même était tranchant comme un rasoir. Impressionnant. Au centre, un rouleau se tenait plus ou moins droit, lacé par un pendentif. Dante connaissait ce pendentif. Trois triangles équilatéraux d'un métal précieux en formaient un quatrième. I s'agissait d'un symbole à Harai. Seules les Grandes Prêtresses Sérénissime avaient le droit d'en porter. Certains mythes parlaient d'un sort qui pouvait ramener la lumière, au sens métaphorique. Et finalement, tout à gauche, une grosse boule, d'apparence de cristal. En son centre, une lueur octarine palpitait doucement tel un coeur d'énergie. Aucun de ces présents, rien de cet héritage ne pouvait être inutile. Le Prince savait que ses défunts parents ne lui auraient laissé de vulgaires babioles sans intérêts. De plus que Hako avait longtemps eu cette impression d'être inutile dans la quête de son petit garçon. Ces items avaient une utilité certaine, et probablement de grands pouvoirs. Probablement...
L'éclair rouge s'empara prudemment de chaque objet, et les fourra à l'intérieur de sa veste. L'un après l'autre, ils rejoignirent les tréfonds des ténèbres infinies, déjà en possession de quantité de choses. La boule de cristal sembla réagir à son toucher. Le coeur s'emballa, palpita plus fort de sa lueur de la huitième couleur. Dante n'en paru pas sincèrement étonné. Il leva seulement un sourcil avant de fourrer la sphère dans l'ombre de son manteau. Il pris également sa vieille guitare acoustique, et plutôt que de l'enfermer dans la sordide pénombre, il la mit à son dos grâce à une sangle. Il jeta un dernier regard à son ancienne chambre et la quitta pour retourner au salon.

- Hai ! s'écrièrent les deux filles. Dante n'avait sans doute eu que la fin de la conversation. Il ne s'en préoccupa pas s'en retourna à sa défunte mère.
- Je crois que j'ai tout. Mais j'ai jamais rien vu de tout ça. Sauf ton collier.
- Bien ! Montre moi le premier. Il s'exécuta et de son manteau tira d'abord le fouet d'os.  Ah ! Oui. C'est un fouet en en fait, même si ça n'y parait pas tant. Peu importe son nom. Lorsque tu utiliseras ton chakra avec cette arme, tu seras en mesure de définir sa taille, et de le manipuler à volonté. Les bords sont tranchants, ton père s'était dit que tu y trouverais ton compte avec le vent. J'ai pas trop compris.
Le shinobi réfléchit une pincée de seconde. Un sourire fendit son visage, et il enroula le fouet autour de sa taille. Dans la seconde qui suivit, l'arme s'anima peu à peu. Elle s'éleva dans son dos, et remua telle une queue osseuse. Avec une célérité fulgurante, la pointe de la queue squelettique fonça à travers la pièce et découpa un bouquet de fleurs. Elle rétrécit et revint vers son nouveau maitre.
- Wouh... je vais devoir apprendre à m'en servir. Désolé pour les fleurs. Désolé les fleurs.
- Ce n'est rien, fils. C'est une arme extraordinaire. Sa solidité légendaire et sa souplesse pourraient contenir la force d'un bijuu, y parait. On s'était dit que cela pourrait t'être utile. Montre moi le prochain. Le fouet d'os retourna dans la pénombre du corps de Dante et s'échangea avec le rouleau lacé du pendentif.  Mmh... Désolée, ma mémoire n'est plus ce qu'elle était. Euuh. Ah oui ! Même s'il était à la retraite, ton père ne s'est pas arrêté de s'entrainer pour autant. Il a enseigné à la caserne, et il a inventé quelques techniques. On s'est un peu aider pour remplir ce rouleau. Tu devrais y trouver une ou deux techniques de sceaux qui devraient t'être accessibles, et des techniques...doton et fuuton ? C'est ça, hein ?
- Oui. Je suis sûr que ça me sera utile mais... Il prit le pendentif dont la chaine glissa entre ses doigts. La trinité de triangles rutilants fit réagir la narratrice. Elle avait presque disparu des esprits, tant elle était silencieuse.
- Le sceau des trois valeurs ?! Hako-sama! Vous ne pouvez... !
- Du calme, Zero-chan, répondit-elle avec patience. Les sages pourront en forger un nouveau, je me suis arrangée avec eux. Ce n'est qu'un symbole après tout.
- Mais... persista Zeroyo.
- Il n'y a pas à s'en faire. Et ce sera utile à mon fils en tant voulu. Je ne peux malheureusement prévoir de quelle façon. Mais d'une manière ou d'une autre, c'est une relique de ma légende, hahaha ! Gardes-le toujours près de toi, chaton.
- Chaton ?
- Ha ! Hahaha ! Aaahahaha !
- C'est ma mère, vachette ! À cette insulte, le rire de Lucy se stoppa net. Dans sa tête elle rumina une vengeance infectieuse. Dante rangea alors le rouleau et se para du collier. Il sortit alors la fameuse sphère de cristal. Elle était lourde, comme si sa densité dépassait celle du plomb. Très lourde.
- Oui. Ça, c'est assurément...spécial. Je vais être brève.
- Quand tu dis ça, tu parle toujours pendant des heures... Hako saisit l'oreille de son garnement et la tira aussi fort que possible. « Naniiiii ?! » gronda-t-elle d'un air terrifiant. Ce qui amusa beaucoup les autres demoiselles.
- Gomen ! Gomen ! Gomen ! Lâche-moi,ça fait mal ! Ittaiiii !
- Hum ! Souffla-t-elle en relâchant sa prise. Je disais donc. Cette boule me servait autrefois à garder un oeil sur les villageois. Chacun partageait, même si c'était une infime partie, l'essence des grandes prêtresses. Et je ne sais ni pourquoi ni comment, mais après l'attaque de Nibi, aucune de nous n'a été en mesure de s'en servir. Je l'ai tout de même gardé. Et chose curieuse, l'orbe réagissait avec toi. J'ai fait des recherches par la suite, et il s'avère que l'objet contient deux types d'essences. Celle des prêtresses... et celle de ton bijuu.
- C'est pour ça que ça vibre quand je le tiens en main ?
- Wooow... c'est louche.
- Tu me le prêteras ?
- C'est pas autorisés aux mineures.
- Et j'vois pas où tu pourrais le...CLAC. La joue de l'éclair rouge prit elle aussi une teinte écarlate.
- C'est pas une façon de parler devant sa mère!
- Je commence à comprendre pourquoi il est parti, chuchota Amane à son amie.
- Pour en revenir à l'item, je ne sais pas comment tu pourras l'utiliser. Tu devras le découvrir par toi-même.
- Ok. Et le dernier parchemin ?
- Ce sont des invocations. Ton père les as récupéré au fil des années. Il y a celui des hérissons, le sien, celui des chats et celui des fourmis. Je n'ai foutre aucune idée l'intérêt de chacun. Tu devras bien choisir, car tu n'auras droit qu'à un seul. C'est donc tout. Non je déconne. Je n'aime pas les notaires, et ici il n'y en a pas. Le village te permet de garder la maison. Il y a aussi celle sur la côte du pays du feu. Tout ce qui est dans ces maisons est à toi. Tout ce qui nous appartenait est à toi.
- Ça ne vaudra jamais tout ce que tu m'as appris.
- C'est certes matériel, mais tu sais comment je suis, non ?
- Ouais. Merci...maman. Il s'en approcha et l'embrassa d'une étreinte ferme mais rapide. Tu vas repartir alors ?
- Mmh. Il me reste encore un peu de temps. Pas assez pour un thé, mais tu peux toujours me raconter une ou deux choses sur toi.
- Comme ?

La discussion continua ainsi pendant un petit quart d'heure. À la demande de Dante, Zeroyo cessa d'écrire. Il raconta quelques passages difficiles ou plus agréables de son existence. Les horreurs de la guerre civile qui lui pesaient terriblement, les raisons qui l'ont poussé à se jouer de la Mort, la vie qu'il aurait aimé mener avec Miharu, Et même le désir d'avoir au moins un enfant. La conversation animée prit fin peu avant qu'il ne sonne dix-heures. Hako partagea une dernière fois ses sentiments alors qu'elle irradiait de la même lumière que lorsqu’elle apparut.
- Je suis fière de t'avoir pour fils. Continue de suivre ta voie, puisse-t-elle t'apporter bonheur et paix.
- On se retrouvera bientôt, tous les trois.
- Tu es encore jeune. À cette réflexion, Amane ne su retenir un petit rire.
- On verra. On se revoit là-bas, mère.
Je t'aime... Et dans une ultime coruscation, elle reprit la forme d'un collier sur le mannequin de couture. C'en était fini. Hako-sama était partie et jamais ne reviendrait. Dernière étape, acceptation. Dante souriait, il se sentait plus ou moins heureux. Il avait pu expier ses erreurs auprès de sa très respectée mère, et s'était rassuré par quelques biens matériels, porteurs d'un amour inconditionnel et sans faille. Il avait retrouvé sa quiétude arrogante et insouciante, représentée par un éternel sourire. Tout était terminé, il fallait désormais repartir vers de nouvelles aventures dans la cité des magouilles. Il contempla le portrait de ses parents, le regard profond et énigmatique. Il hésita à le prendre avec lui. S'il devait un jour revenir à Harai, il n'y aurait pas meilleure raison que cette toile. Aussi décida-t-il de la laisser. En revanche, il s'empara d'un cadre et le confia à l'adolescente. Derrière la petite vitre, il y avait une iconographie d'un Dante très jeune, d'un peu moins de trois ans, entouré par les visages de ses parents. Ils sortirent enfin de la nouvelle maison de l'éclair rouge. Dehors, le perron avait été recouvert d'offrandes, de fleurs symboliques, de bâtons d'encens. Toutes ces choses rappelaient au prince son devoir de fils en deuil. Quarante jours d'inertie pour honorer le défunt, un discours à la gloire d'une éminence dans la culture d'Harai. Cela ne lui semblait plus nécessaire. Toutes ces traditions funèbres étaient derrière lui, quelque part entre le passé et le présent. Il n'était pas non plus certain qu'il soit bien accueillit aux funérailles. D'autres personnes plus égocentriques ou enfermées dans leurs certitudes devaient certainement penser être plus proches de Hako-sama que son fils qui a disparu pendant plus de quarante ans, ignorant la matriarche suprême. La guitare sur le dos, Zombi et Lucy qui le talonnaient, Dante marcha un peu dans le village, en quête de souvenirs. Zeroyo suivait un peu plus loin.
- Je ne savais pas que Dante était si...
- C'est un shinobi. Il a participé à une guerre civile, a été entrainé par l'ESA, et c'est un...une formule deux en un. Normal qu'on n'ait jamais vu cet aspect de lui. Ici, il se sent en sécurité, expliqua la cornue rose.
- Tout de même...Tu le pensais capable de ça ? lui demanda Amane.
Non, répondit-elle.
- Dites...ça vous dérangerait de ne pas ébruiter cet épisode ? J'vous parle à toutes les trois. Zeroyo pressa le pas pour se mettre à sa hauteur.
- Dante-sama... mon devoir est de consigner l'histoire, vous ne pouvez...
- Ici ont été écrit une cinquantaine d'années sans que je n'y apparaisse, trancha-t-il. Je connais ton boulot et son importance. Mais brûle moi cette journée quand même.[/color]
- Je... balbutia la narratrice.
- Considère cela comme une faveur. Ou ton offrande funèbre. Ou peu importe, du moment que je n'apparaisse pas dans ton rouleau. La femme aux cucurbitacées de chair hésita un instant pour finalement consentir à éliminer toute présence du prince de l'histoire.
Ils atteignirent le puits du village. Des décennies, un demi-siècle s'était en effet écoulé. Le puits qui autrefois n'était qu'une pompe manuelle était aujourd'hui une fontaine décomposée en trois magatamas tournés dans le sens horaire. Chaque cercle intérieur des virgules mystiques était un bassin d'eau limpide, interconnectés par un réseau de pompes hydrauliques et de valves communicantes. La place s'était agrandie et un dallage blanc et plat la recouvrait désormais. Autrefois, il n'y avait que des pavés imbriqués grossièrement. Aujourd'hui, des bancs et des parterres entouraient la place.

C'était une matinée d'hiver. Le soleil ne s'était pas encore levé, et le village n'était éclairé par quelques lampadaires à huile épars sur la place et quelques maisonnées de famille. Un adolescent courait aussi vite que ses jambes lui permettaient, un sourire moqueur aux lèvres, une grosse écharpe rouge lui entourant le cou flottant dans l'air inconsistant, surélevé par quelques phénomènes de physique élémentaire. Il était essoufflé par sa course, mais cela ne l'empêchait pas de provoquer son poursuivant. « Tu veux savoir ce qu'elle m'a dit avant que j'la libère de son soutif ? » La neige tombait doucement, dansant au rythme inconstant du vent. Ses pas s'enfonçaient dans la neige. Il se retourna pour évaluer la distance entre lui et son traqueur. Disparu ? Il s'en étonna, buta sur un pavé invisible à cause de la neige, et se rattrapa de justesse en posant ses mains sur le bord du puits, à gauche de la pompe.
- C'est moi que tu cherche ? murmura une voix dans son dos. Les yeux du brun aux yeux verts s'écarquillèrent de surprise. Il se raidit et hésita à se retourner.
Asura était un enfant de bonne famille, né avec une cuillère en argent dans a bouche et une poire à lavement en or entre les fesses. C'était ainsi que beaucoup de ses rivaux le voyaient : un enculé suceur de noeuds. Que l'insulte soit figurative ou métaphorique importait peu. Son comportement obsessionnel et vaniteux provoquait la colère chez pas mal de ses camarades. Pour garder son image de dur ne craignant ni la mort ni la peur, il se retourna vers le murmureur, espérant qu'il le craignait. C'était mal connaître Dante. Dès que leur regard se croisèrent, l'éclair rouge (il portait déjà son manteau) le saisit par la gorge et le souleva, prit d'une fureur indescriptible et avec la ferme intention de se venger. Asura suffoqua, se débattit tant qu'il pu, mais rien ne pouvait faire lâcher prise à la démence passagère du prince. « Tu pensais faire quoi en sautant Fumikazu ? Mais le pauvre adolescent ne pouvait répondre le larynx comprimé. Dante bougea son bras et mit ainsi l'horrible personne au dessus du vide se finissant par un sol d'eau, trente à quarante mètres plus bas.
- Tes parents ont peut-être leur place dans la société d'Oni, mais t'as pas compris que moi j'm'en foutais.
- Parce que t'es prince ? Parvint à dire Asura dans un souffle.
- Pauv'con. Ce sont tes parents les conciliaires. Toi tu n'es rien qu'un sale merdeux qui profite d'une illusion de pouvoir. J'vais te crever.
- Arrêtes...pitié... gémit le richard. Je te donnerai... ce que... tu veux.
- Idiot... Puisse-tu comprendre dans l'au-delà. Il serra plus fort, et relâcha l'auriculaire de sa prise. Il avait l'étrange désir de lire la crainte et la peur dans le visage déjà violacé d'Asura. Une voix l'interpella. On lui cria son prénom un peu plus loin à sa gauche. « Dante ! » Il reprit son étreinte de tous ses doigts et se tourna vers... son père.
- J'peux savoir ce que tu fous, Dante ?! Lui hurla-t-il.
- Je rends justice, père... Ce... cet animal ignorant s'est permis de déshonorer une donzelle. MA donzelle ! répondit-il épris de colère.
- Et ça te permet de lui ôter la vie ?
- Le village se portera bien mieux sans ce monstre !
- C'est exactement ce qu'on a pensé de toi ! rétorqua Birujiru. Il avait pensé que ces mots suffiraient à faire lâcher la prise de son fils, mais il serra au contraire plus fort.
- Ne me poussez pas, père ! Cette petite enflure va assumer son acte. Il s'est donné des droits et un pouvoir qu'il n'avait pas. Il a forcé Fumikazu à coucher avec lui en la menaçant avec ce pseudo-pouvoir. Je dois recouvrir son honneur !
- Et tu fais exactement la même chose que lui, tonna une autre voix, féminine cette fois. Dans sa robe de congé blanche, traînant gracieusement sur le manteau de neige, Hako apparut en même temps que quelques riverains troublés par le vacarme de la dispute. Parce-qu'il était sur le point de claque entre ses doigts, Dante relâcha un peu son étranglement. « Tu pense peut-être que tu as le droit d'ôter la vie ? »
- Je rétablis les choses !
- Relâche-le ! Maintenant !!!
NOOO... ! dit une voix menaçante.
- DANTE !!! crièrent ses parents à l'unisson. Les yeux du gamin, révulsés avaient pris une teinte différentes de l'originelle. À l'entente de son prénom, il s'éclaircirent pour revenir à leur bleu ciel. La voix avait eu un effet certain sur Asura. Son pantalon dégoulinait. Il posa le pisseux à terre qui tomba sur son sied. Autour de la scène, quelques villageois s'étaient attroupés dans un murmure réprobateur à l'égard du fils de la Grande Prêtresse Sérénissime. Ce dernier s'en alla, suivit par ses parents qui ne prêtaient guère attention à l'avis des villageois. La plupart parlaient d'une honte. D'autres suggéraient qu'il soit tué.


Le regard profond de l'éclair rouge reprit vie. Il expliqua son flashback à ses compagnons. « Peu importe la situation, mes parents m'ont toujours aider à surmonter l'adversité et les ressentiments. À l'époque je croyais encore en l'honneur. Je sais aujourd'hui que je faisais fausse route... Je sais quoi faire de l'honneur. Ok ! Parenthèse terminée, cette journée a été bien remplie, on peut rentrer.
- Tu dis ça mais...
- Laissez moi faire, intervint Zeroyo.
Ils se dirigèrent lentement vers l'entrée du village, là où la main de pierre de Birujiru trônaient toujours. Les trois camarades jetèrent un dernier regard, l'un par nostalgie, l'autre par respect, et la dernière par intérêt désintéressé. Il était temps de dire adieu au village de Harai. Zeroyo répéta les seuls signes incantatoires de ses mains que le trio ne l'aient vu faire. Le même Torii qu'un peu plus tôt émergea du sol. La ville de Shoubai n'était pas encore visible. Zeroyo semblait...
- Dante-sama...
- Ça t'ennuierai de juste m'appeler Dante ?
- Oh...désolée...Dante. Je me demandais si...si tu comptais revenir un jour.
- Je ne sais pas. Peut-être bien.
- Je l'espère. Elle rougit. Alors... on se dit à la prochaine ?
- Jaa...
Zeroyo exécuta un dernier signe des mains, et au travers du portail mystique, la façade de la DMC. Le trio s'avança et traversa le voile translucide et invisible. De l'autre coté, ils se retournèrent et saluèrent la narratrice d'un signe de la main. Private Zombi, à son habitude, souriait de toutes ses dents, et curieusement, Lucy sourit également. Le portail disparu et les trois mercenaires rentrèrent chez eux. Rien n'avait changé, bien évidemment.
- Nii-chan. Tu compte y retourner, alors ?
- Peut-être.

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MessageSujet: Re: L'héritage d'un Prince Lun 26 Mar - 1:22

Tatatatata ! Qui voilà ? Super-Admin ! Ouh Yeah !!!!

Que dire, que dire Dantounet.... Très bons RP's ! Réaliste, poétique, bucolique, bref magnifique ! Bon je sors ma petite calculette, et vais te donner les jolis XP !
Aloooorrss...

Pour le RP, je vais te donner 60 XP tout ronron ! Ne me remercie pas, tu le mérite !
Ensuite viennent les succès :

- Novice ==> Avoir accompli un post d'un minimum de 40 lignes. +10XP
- Pro RP ==> Avoir accompli un post d'un minimum de 80 lignes. + 15XP
- Gold Feather ==> Avoir accompli un post de 150 lignes et plus. + 30 XP

Ce qui nous fait un total de....
115 XP !
Le compte est bon !
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MessageSujet: Re: L'héritage d'un Prince

L'héritage d'un Prince

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